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Palo santo et CITES : quelle espèce est vraiment réglementée ?

Publié le 11 juin 2026 · mis à jour le 6 octobre 2026 · 5 min de lecture

En bref : le nom « palo santo » désigne deux arbres différents. Le palo santo vendu en bâtons à brûler, Bursera graveolens, n’est pas inscrit aux annexes de la CITES. L’espèce inscrite à l’Annexe II depuis 2010 est Bulnesia sarmientoi, un arbre du Gran Chaco exploité pour son bois et l’huile essentielle de gaïac. Pour un bâton, ce qui compte est donc le nom latin, l’origine et le mode de récolte, pas un permis CITES.

Beaucoup de sites affirment que le palo santo est « classé CITES ». C’est une confusion entre deux espèces qui portent le même nom commun en espagnol. Cet article remet les choses dans l’ordre et explique comment vérifier ce que vous achetez.

Deux arbres, un même nom

« Palo santo » signifie « bois sacré ». En Amérique du Sud, ce nom est donné à au moins deux arbres sans lien botanique :

  • Bursera graveolens (famille des Burseraceae) : arbre des forêts sèches de la côte pacifique, du Pérou et de l’Équateur notamment. C’est lui que l’on trouve en bâtons à brûler, au parfum boisé et citronné.
  • Bulnesia sarmientoi (famille des Zygophyllaceae) : arbre du Gran Chaco, à la frontière de l’Argentine, de la Bolivie et du Paraguay. Son bois très dense sert en ébénisterie, et sa distillation donne l’huile essentielle de gaïac (guaiac wood). On l’appelle aussi « vera » ou « verawood ».

La CITES elle-même signale cette homonymie : un document de son Comité pour les plantes rappelle qu’une autre espèce, Bursera graveolens, est commercialisée sous le nom de palo santo, ce qui peut prêter à confusion dans le commerce.

Ce que la CITES réglemente

La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) encadre le commerce international de certaines espèces à travers trois annexes :

  • Annexe I : espèces menacées d’extinction, commerce international en principe interdit ;
  • Annexe II : commerce autorisé, mais soumis à un permis d’exportation délivré par le pays d’origine ;
  • Annexe III : espèces protégées par un pays qui demande la coopération des autres pour en contrôler le commerce.

Dans l’Union européenne, la convention est appliquée par le règlement (CE) n° 338/97, qui reprend les espèces des annexes CITES dans ses propres annexes A à D.

Bulnesia sarmientoi : inscrit à l’Annexe II depuis 2010

L’inscription de Bulnesia sarmientoi à l’Annexe II a été proposée par l’Argentine et adoptée en mars 2010, lors de la 15e Conférence des Parties à Doha. Elle vise les produits issus de l’exploitation du bois : grumes, bois scié, placages, contreplaqué, poudre et extraits. L’huile essentielle de gaïac fait partie de ces extraits.

Si vous achetez de l’huile de gaïac ou du bois de Bulnesia sarmientoi, c’est cette espèce qui est concernée par les règles CITES au moment de son exportation.

Bursera graveolens : non inscrit, et ce que cela implique

Bursera graveolens ne figure pas aux annexes de la CITES. Vous pouvez le vérifier vous-même dans Species+, la base officielle des espèces inscrites, gérée pour le compte de la CITES : une recherche sur le nom latin n’y renvoie aucune inscription.

Conséquence pratique : aucun permis CITES n’est exigé pour importer des bâtons de Bursera graveolens. Une fiche produit qui annonce un bois « certifié CITES » se trompe d’espèce. Le pays d’origine peut en revanche appliquer ses propres règles forestières, et la qualité de la filière repose sur le sérieux du fournisseur.

Comment bien choisir un bâton de palo santo

Sans permis CITES à présenter, les bons repères sont ailleurs :

  1. Le nom latin : la fiche doit indiquer Bursera graveolens. Un vendeur qui ne précise pas l’espèce ne sait peut-être pas lui-même ce qu’il vend.
  2. L’origine : le pays, et si possible la région de récolte.
  3. Le mode de récolte : la pratique traditionnelle consiste à ramasser le bois d’arbres morts tombés naturellement, laissés au sol plusieurs années. C’est ce temps de repos qui développe le parfum. Le bois d’un arbre coupé vivant sent peu.
  4. L’aspect et l’odeur : un bâton de bonne qualité est dense, légèrement gras au toucher, avec un parfum net même avant d’être allumé.

Le palo santo Ajima

Nos bâtons sont en Bursera graveolens, de la région de Piura au Pérou, issus de bois mort tombé naturellement. Ils sont vendus par lot de 20 bâtons. Pour les utiliser, consultez notre guide complet du palo santo et les précautions d’usage. L’impact écologique de la filière est traité dans notre article palo santo, éthique et durabilité.

Questions fréquentes

Le palo santo est-il interdit ou protégé par la CITES ?

Le palo santo en bâtons (Bursera graveolens) n’est pas inscrit à la CITES. L’espèce inscrite à l’Annexe II depuis 2010 est Bulnesia sarmientoi, un autre arbre appelé lui aussi palo santo.

Faut-il un document CITES pour acheter du palo santo en France ?

Non. Pour Bursera graveolens, aucun permis CITES n’est exigé. Pour Bulnesia sarmientoi, les formalités concernent l’exportateur et l’importateur, pas le particulier qui achète en France.

L’huile essentielle de palo santo est-elle concernée ?

Tout dépend de l’espèce distillée. L’huile de Bursera graveolens n’est pas visée par la CITES. L’huile de gaïac, tirée de Bulnesia sarmientoi, fait partie des extraits couverts par l’inscription à l’Annexe II.

Comment vérifier le statut d’une espèce ?

Cherchez son nom latin dans la base Species+ (speciesplus.net). Elle indique pour chaque espèce l’annexe CITES et l’annexe du règlement européen, le cas échéant.

Sources